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Entretien avec Valérie Le Chenadec Directrice en Développement Durable et Responsabilité Sociétale. Université Paul Valéry Montpellier 3

 » L’Université Paul-Valéry Montpellier 3 a formalisé son engagement dans une démarche développement durable et responsabilité sociétale en créant en janvier 2016 une cellule DD&RS consacrée à cette thématique  »

Yambola : Quelles leçons avez-vous tirée sur la participation de pouvoirs locaux et les organisations non étatique  et semi étatique lors du deuxième sommet Climate Chance ?

Valérie Le Chenadec : Ayant participé au nom de l’université Paul-Valéry Montpellier 3 au sommet qui s’est tenu l’année dernière à Nantes, l’approche du sommet 2017 m’a semblé prendre une dimension bien supérieure. Le nombre de participants est d’ailleurs la preuve d’un intérêt croissant, mais aussi et surtout de la prise de conscience de l’urgence à s’engager à tous les niveaux de la société et quel que soit le type d’organisations représentées. Le bilan fait sur les Accords de Paris, la déclaration des élus locaux et régionaux d’Afrique, les projets tels que la Maison Méditerranéenne du Climat…sont autant de signes d’une volonté partagée d’agir. Ce regard sur les villes et territoires en Afrique a été un moyen d’appréhender à la fois l’ensemble des risques auxquels sont confrontées les populations concentrant malheureusement toutes les conséquences du réchauffement climatique et de découvrir le formidable potentiel d’associations, de petites entreprises locales, de start’up qui proposent une multitude de projets et solutions pour lutter et s’adapter. Cependant « le financement climatique » reste une sorte de nébuleuse pour beaucoup de petites structures qui n’arrivent pas à accéder à des ressources financières – l’essentiels de ces ressources étant accessibles aux gouvernements et non aux acteurs de la société civile (fonds vert, fonds pour l’adaptation, fonds pour l’atténuation…). Cela reste un problème majeur ; la complexité des circuits de financement, leur accès, leur mode d’attribution ralentit et parfois bloque ce que tout le monde réclame : c’est-à-dire l’action !

Y : Pensez vous que les institutions comme les Universités ont un rôle à jouer dans le cadre de la lutte contre le changement climatique ?

V.L : Les universités ont bien sûr un rôle à jouer à la fois au travers des travaux de recherche sur le domaine DD&RS, mais aussi dans la formation même de leurs étudiants et de la sensibilisation des personnels sur cette thématique. En France et ce depuis la loi Grenelle I et II (2010), les établissements de l’enseignement supérieur et de la recherche sont dans l’obligation de mettre en place leur « Plan Vert ». Ce Plan précise des actions règlementaires (Bilan d’émission de gaz à effet de serre par exemple) mais aussi propose des pistes pour que les établissements définissent leur stratégie DD&RS. La conférence des présidents d’Universités et le ministère de la transition écologique et solidaire travaille de concert pour fixer des objectifs aux établissements qui sont en lien avec les ODD et la réhabilitation énergétique du patrimoine. Un travail de pédagogie est important au sein des établissements pour justement expliciter au communauté universitaire les liens entre l’Accord de Paris par exemple et les actions qui doivent être menées localement. Les universités s’inscrivent aussi dans des Plans Climat à l’échelle des villes et territoires.
Même si des étudiants s’impliquent de plus en plus dans les COP au travers des COY, je rêve de pouvoir un jour (mais rapidement) rassembler les universités françaises et étrangères autour de la lutte contre le changement climatique et l’adaptation. En effet, berceau de recherche de pointe, elles ont pour mission de former, d’éduquer et elles sont porteuses de l’énergie de demain. J’ai participé à de nombreux sommets sur le sujet depuis deux ans et les universités en tant que telle sont trop peu présentes, pourtant nos enseignants-chercheurs et étudiants sont à même de présenter, d’expliciter et de promouvoir des initiatives, actions et projets de recherche qui ne peuvent émerger, la synergie entre « the real life » et les défis du dérèglement climatique reste compliquée à mettre en œuvre.

Y : Quel est l’état de recherche de votre université sur l’environnement ?

V.L : Une recherche directement liée aux questions environnementales est menée dans le secteur des sciences humaines et sociales : deux unités mixtes de recherche interviennent dans le domaine du développement, et une est spécialisée dans l’écologie. D’autres laboratoires, s’intéressent aux domaines des risques et des vulnérabilités. Certains laboratoires se mobilisent pour apporter une vision spécifique à la définition, mise en visibilité et prise en compte des vulnérabilités sociétales, environnementales, donc humaines, à travers le prisme des Lettres et Langues Appliquées. 

Y : Votre université a-t’elle des projets sur des questions de l’environnement et comment sont elles financées, les étudiants sont ils associés ? 

V.L : Les projets en matière de DD&RS sont nombreux sur le campus – initiatives étudiantes ou actions de service et de direction ou tout simplement cursus spécifique ou activités de recherche – ils permettent de sensibiliser, de favoriser et soutenir l’engagement, de faire vivre des pratiques innovantes et de mettre en œuvre des synergies dont le but est de poursuivre la lutte contre le changement climatique et de s’inscrire dans des politiques de villes et territoires durables.

Ainsi notre université a des projets qui émanent de cursus spécifiques du domaine que nous soyons sur les aspects environnementaux, économiques ou sociaux du développement durable. Mais pas que..Une cellule DD & RS a été créée en 2016 pour porter et valoriser des projets règlementaires du type Bilan Carbone, Plan de Déplacement Université, utilisation des énergies renouvelables mais aussi des actions de sensibilisation (sentier de la biodiversité…) et de formation continue sur les sciences du changement climatique, les ODD à destination des personnels. Un des objectifs de l’UPVM3 est d’obtenir aussi le label DD&RS porté par la CPU, le Ministère de l’Enseignement Supérieur, le collectif CIRSES et le Réseau des étudiants français en développement durable (REFEDD). 
Les actions menées en matière de DD&RS sont financés soient directement par les départements d’enseignements ou les services impliquées dans les différents projets. Certaines actionsbénéficient du soutien de fonds spécifiques comme le Fonds Européens de Développement Régional. 

Y : Avez-vous des partenariats avec d’autres universités, les pouvoirs locaux où avec la région ? 

V.L : Notre université a deconventions avec de nombreuses universités françaises et étrangères grâce à des projets de recherche et de formation. Ces conventions favorisent le rayonnement de notre établissement et s’inscrivent dans le cadre d’une mobilité d’études, d’enseignements ou administrativesNotre université possède un ancrage territorial fort en lien à la fois avec son développement (domaine de l’immobilier par exemple), des projets en matière de politique sociale, politique RH, politique culturelle et d’insertion professionnelle et bien sûr sa politique DD&RS. Tous ces aspects sont construits et ne peuvent se développer qu’avec l’implication de pouvoirs locaux, d’associations et d’autres institutions publiques. Les partenariats privés existent aussi, ils sont de plus en plus présents aux côtés des universités tant au niveau de l’emploi de nos futurs étudiants qu’au niveau de la présentation de solutions innovantes par exemple (plateforme d’enseignement, plateforme en lien avec la mobilité et transports doux, plateforme d’échanges de services..). La transition numérique de nos universités n’est pas dissociée du développement durable quel que soit le pilier que l’on observe. Les exemples d’initiatives et partenariats PP sont nombreux. 

Y : Comment vous présenter à nos lecteurs ? 

Y :  Votre université, vos fonctions, et vos  projets et réalisations ? 

V.L : L’université Paul-Valéry, université de Lettres, Langues, Arts Sciences humaines et sociales accueille environ 21000 étudiants et 1300 personnels sur ses trois sites à Montpellier et Béziers. L’Université est au service d’un idéal de formation qui privilégie l’égalité des chances devant le droit au savoir et la réussite des étudiants dans la diversité de leurs situations. Elle défend une vision citoyenne et responsable de l’université dans une recherche ouverte sur la société, ses problèmes et ses avancées. Comme expliqué précédemment l’‘Université Paul-Valéry Montpellier 3 a formalisé son engagement dans une démarche développement durable et responsabilité sociétale en créant en janvier 2016 une cellule DD&RS consacrée à cette thématique. Je suis la directrice de cette cellule et occupe une fonction de conseil auprès de la direction et de l’ensemble des services et composantes et de coordinatrice de projets. J’ai créée au sein de notre établissement un réseau de référents DD&RS ce groupe d’environ 27 personnes est impliqué à mes côtés sur l’ensemble des projets DD&RS porté par ma direction. Les sujets de réflexion sont vastes mais s’inscrivent dans les quatre axes de la politique DD&RS de l’établissement : maîtrise de la politique énergétique, réduction de l’empreinte écologique, améliorer la mobilité et enfin poursuivre les actions citoyennes et durables.

Y : Évoquer l’engagement de votre  l’université dans le développement durable et responsabilité  Sociétal ?

V.L : Cet engagement de l’université Paul-Valéry dans le DD&RS se retrouve à tous les niveaux de l’organisation et au cœur des missions de l’ensemble des universités. 
La prise de conscience de notre communauté universitaire n’est plus à démontrer. La définition de l’implication de notre université s’illustre dans celle donnée par le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : « former et sensibiliser les populations, poursuivre les recherches, travailler avec le monde économique pour développer les innovations qui apporteront les solutions aux défis liés à la transition écologique et énergétique de notre pays, et être un acteur territorial exemplaire pour réduire son empreinte environnementale ».
Propos Recueillis par : Jean Boole Ekumbaki et Radouan Bachiri

 

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