Home / Europe / Tanja Fajon : « Si nous perdons Schengen, nous perdons le projet européen »

Tanja Fajon : « Si nous perdons Schengen, nous perdons le projet européen »

Des contrôles temporaires aux frontières de Schengen ont été prolongés durant plus de trois ans. Les députés exigent que cette mesure ne soit utilisée qu’en ultime recours.

Des contrôles aux frontières intérieures sont exceptionnellement effectués depuis 2015 dans cinq États membres de l’Union européenne. Leur limite est pourtant fixée à deux ans. Une proposition de la commission des libertés civiles, approuvée par les députés le 29 novembre, souhaite garantir que ces contrôles ne soient introduits qu’en ultime recours et de manière exceptionnelle.

La responsable du rapport, la députée démocrate socialiste slovène Tanja Fajon, nous en dit plus dans son interview.

Les règles de Schengen sont temporairement suspendues dans plusieurs pays depuis plus de trois ans, malgré le fait que la limite soit fixée à deux ans. Comment peut-on expliquer cela ?

Six pays de l’espace Schengen ont prolongé les contrôles aux frontières intérieures et cela depuis plus de trois ans. Ils utilisent différents fondements juridiques pour les étendre, je dirais qu’il y a des zones d’ombre dans la législation actuelle.

Les mesures actuelles sont très ambiguës. Quels aspects du code frontières Schengen devraient être adaptés selon vous ? Et pourquoi ?

Comme dit dans le rapport, nous avons besoin de conditions plus claires concernant les circonstances dans lesquelles les pays peuvent introduire à nouveau les contrôles aux frontières dans le futur. Nous avons également besoin de garanties qui assurent que ces contrôles soient une mesure de dernier recours.

Quelles circonstances justifient les contrôles aux frontières intérieures ?

Les situations extraordinaires, les événements sportifs importants ou les grands flux migratoires par exemple. Actuellement et malgré ce que plusieurs gouvernements de l’Union européenne affirment, il n’y a pas de menace sérieuse prévisible qui puisse justifier des contrôles aux frontières intérieures.

Les six pays de l’espace Schengen (Autriche, Allemagne, Danemark, Suède, Norvège et France) qui appliquent les contrôles intérieurs ont affirmé qu’ils les prolongeraient. Est-ce justifié ?

Ces prolongations ne sont pas justifiées et rien ne prouve qu’elles le soient. Ces dernières années, les gouvernements nationaux ont repoussé les limites des règles actuelles et ont étendu les contrôles pour des raisons politiques et non pas par nécessité.

Quels sont les points de désaccord avec le Conseil et la Commission ?

Nous voulons limiter les contrôles intérieurs à un an maximum, toujours lorsqu’il existe une menace prévisible et avec des garanties très strictes. Nous divergeons sur ce point avec la Commission. Nous pensons que ces garanties seront également controversées dans les États membres.

Nous lançons un message fort : nous ne permettrons la réintroduction des contrôles aux frontières intérieures qu’en cas de réelle nécessité. Pour les Européens, Schengen est la réalisation la plus tangible de l’intégration, la liberté de voyager… Si nous perdons Schengen, nous perdons le projet européen. La situation actuelle porte préjudice à nos économies et rend nos vies moins confortables.

Check Also

Jan Jambon candidat Premier ministre :  » la logique « 

La N-VA prête à fournir le prochain Premier ministre si l’électeur lui donne un mandat …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
30 ⁄ 10 =